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Une liaison défendue

« Une liaison défendue », c’est l’histoire d’un amour interdit. Une relation adultère entre une jeune femme et un homme marié. Sans porter de jugement, ni prendre parti, on suit l’aventure d’Angèle et de Marc, comprenant ce qui peut parfois pousser des individus à transgresser les lois morales pour connaître la passion.  Ce roman comporte des scènes érotiques, mais retrace aussi avec beaucoup de sensibilité ce que vivent les personnages.

« Une liaison défendue » a participé au concours de l’auteur sans piston des éditions Edilivre 2017 et a fini deuxième au niveau régional -Alsace-.

(Photo de Irkeyn/ shutterstock)

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https://www.edilivre.com/catalog/product/view/id/773276/s/une-liaison-defendue-michele-m-angel/

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Michèle M.Angel Auteure de romans érotico-romantiques

( Photo de Tatchai Montgkolthong/ shutterstock )

Mon nom d’auteur est Michèle M. Angel et j’ai créé ce site pour vous faire découvrir mes livres publiés aux éditions Edilivre.

Mes ouvrages sont du genre romantique/érotique et sont principalement destinés à un public adulte. Ils parlent de la complexité des sentiments et des relations, autant dans le couple que dans la vie sociale et familiale. Vous pourrez découvrir des extraits de « Une liaison défendue », qui est l’histoire d’une relation adultère, de « Mess@ge très privé », qui aborde le sujet de la crise de la quarantaine dans le couple et d' »Instants écarlates », qui est un recueil de petites nouvelles érotiques

J’écris par passion, mais j’aime partager. Pouvoir publier est comme un rêve qui se réalise, et recevoir des retours de mes lecteurs est toujours un plaisir.

Mon dernier ouvrage, intitulé « Gisèle » (  paru en 2018 ) est différent des précédents en ce qu’il ne comporte aucune scène érotique. Il raconte la vie d’une femme qui a été touchée par de nombreuses tragédies, mais dont l’amour unique est éternel. Il est destiné à tout public.

Bonne découverte.

Amour de jeunesse

Pendant ses années d’insouciance, elle sortait tous les mardis soirs, après ses entraînements, et fréquentait un bar qui appartenait à une de ses connaissances. Autour d’un verre et d’une partie de fléchettes, elle fit la connaissance d’un jeune homme. 

Un coup de coeur.

Elle avait un tempérament inflammable, cela a toujours fait partie de sa personnalité. Elle n’a d’ailleurs jamais vraiment su si c’était les hommes qu’elle aimait ou l’amour.

Il était plus grand qu’elle, mince, les cheveux châtains et le regard clair, une lueur indescriptible dans les yeux et un sourire adorable.

Chaque mardi, elle était impatiente de le revoir car elle savait qu’il serait là quand elle arriverait, accoudé au bar, et que sa fréquence cardiaque allait atteindre des sommets quand il se dirigerait vers elle pour la saluer. Ils parlaient alors de tout et riaient. Dans ces moments-là, tout s’annulait autour d’elle, comme dans ces films qu’elle n’aimait pas, où l’héroïne croisait le regard d’un beau jeune homme et sentait des papillons dans son ventre.

Et à chaque fois, elle se demandait s’il allait lui proposer de se voir en dehors du groupe de ses amis, l’inviter à sortir avec lui. Rien ne se passait. Pourtant tous les signaux étaient au vert.

Ses regards, ses sourires, sa façon de se pencher vers elle et d’effleurer son bras quand il lui parlait. Tous les langages non verbaux indiquaient une attirance qui avait l’air réciproque. Mais la soirée se terminait toujours par un « Au revoir et à la semaine prochaine ».

Elle aurait pu lui faire des avances, mais elle n’osait pas.

Sa mère lui avait souvent répété : « Un homme veut conquérir une femme, alors laisse-le toujours croire que c’est lui qui t’a gagnée. Même s’il est timide et que tu fais tout pour l’attirer à toi, ne lui fais jamais ouvertement comprendre que c’est toi qui l’a dragué. » C’est un secret qui se transmet de mère en fille. Pas toujours fiable, ceci dit. Dans cette situation, il lui était impossible d’en faire plus sans devenir intrusive. Il lui fallut donc se faire violence et patienter.

Et puis, un jour, elle le croisa dans la rue, accompagné d’une fillette d’environ six ou sept ans. Il la salua chaleureusement et lui présenta sa fille. Elle était surprise car il ne lui avait jamais parlé de sa situation familiale. Du coup, elle se sentit déstabilisée. Ce n’était pas tant le fait qu’il soit papa qui la dérangeait, mais l’idée qu’il puisse être en couple ou même marié et qu’elle aurait pu tellement se méprendre sur ce qui se passait entre eux.

Aurait-elle été assez stupide pour jouer à un jeu de séduction avec lui, alors qu’il était déjà marié ?

Etait-elle tellement prétentieuse pour croire qu’elle plaisait à tous les types qui bavardaient avec elle ?

Pourquoi lui avoir caché qu’il avait un enfant, si ce n’était pour lui cacher qu’il avait également une femme ?

Mais alors pourquoi lui présentait-il sa fille le plus naturellement du monde, sans se sentir mal à l’aise ? Cela aurait été le cas, s’il avait voulu être malhonnête. Mais il avait l’air sincère.

Elle ne savait plus quoi penser. Avec un peu plus de maturité, elle aurait osé poser la question, si simple et évidente : « Tu es marié ? » Mais elle était encore trop impulsive et trop peu sûre d’elle. Elle choisit alors de ne plus retourner dans ce bar les mardis suivants…ni les autres.

Elle voulut l’oublier, se dire qu’ils n’étaient probablement pas faits l’un pour l’autre, puisqu’il était déjà casé avec une famille. Il viendra souvent la rejoindre en pensées, dans la solitude de ses nuits, avant de s’éloigner de ses rêves, sans qu’elle ne puisse jamais être sûre d’avoir pris la bonne décision. Elle ignorait même si elle lui avait plu, s’il avait lui aussi rêvé d’elle. Jusqu’au jour où, bien plus tard, un copain commun lui raconta que ce jeune homme avait eu un coup de coeur pour elle, et qu’il était alors déjà séparé de la mère de sa fille. Vrai ou pas ? Peu importait alors. Il lui sembla qu’il était trop tard, et elle n’avait aucune idée de la manière de rattraper ce malentendu.                      Pourquoi n’avait-il pas essayé de la retrouver ? Pourquoi ne l’avait-il pas invité à sortir avec elle tant qu’il le pouvait ? Avait-il eu les mêmes doutes qu’elle ? La même peur de se tromper, de ne pas lui plaire ?

Vingt ans plus tard, elle le croisa dans un restaurant. Elle était en compagnie de son conjoint et de sa fille, et lui de sa femme et de ses enfants. À part quelques cheveux blancs, il n’avait pas changé. Elle se souvint alors pourquoi elle était tombée amoureuse de ce visage, plus de deux décennies plus tôt. Il avait toujours ce regard pétillant, ce sourire qui vous fait croire que vous êtes unique. Quelques mots échangés, des banalités, un « Au revoir » et toujours cette question : Pourquoi l’univers nous joue-t’il de tels tours ?

Nous avons tous une histoire d’amour de jeunesse, inachevée ou impossible. Un souvenir qui demeure intact, car les années ne l’auront pas émoussé . Idéalisé, car figé dans une époque révolue. 

À nos actes manqués…

Le baiser

 

Quand leurs corps ne se connaissent pas encore, il est une attente

Elle les aime, comme il les aime, il le lui a glissé à l’oreille 

Son souffle chaud s’approche de son visage, elle ferme déjà les yeux, impatiente

De sentir se lèvres sur les siennes, à aucune caresse pareille

 

Mais il s’éloigne et la regarde, la trouve si belle

Il aimerait que le temps s’arrête, pour rendre cet instant éternel

Quand dans son désir, elle s’offre à lui

Elle le rattrape, dans un moment d’oubli

 

Il goûte alors tendrement sa bouche 

Il l’entr’ouvre et cherche de sa langue la caresse délicieuse

Elle savoure ses lèvres si douces

Ne résiste pas à l’appel de leur promesse voluptueuse

 

Il le lui a murmuré un soir

Elle aime l’idée, elle aime le savoir

Embrasser une femme, c’est déjà lui faire l’amour

Effleurer à peine, puis s’abandonner, le souffle court

 

Dans ses bras qui la soulèvent, elle veut oublier

Sentir son ventre se tordre de désir

S’approcher encore plus et perdre pied

N’être plus qu’un, unis dans le plaisir

 

Elle mordille ses lèvres, il gémit

De douleur ou d’envie ?

Il ne veut plus qu’elle et répond à cet appel

Impérieux, impatient et sensuel

 

Composé par Michèle M.Angel, le 1er février 2019

Rose et le jardinier

Rose avait grandi entre la ville et la campagne. Elle avait passé tous les étés de son enfance dans la maison de sa tante, loin de la grisaille et l’agitation citadine. Sa tante mourut dans l’année de ses quinze ans et ses parents continuèrent à entretenir la belle maison, et surtout son jardin qui avait été si cher à la défunte. Mais, n’ayant pas la main verte, ils durent engager un jardinier.

Il arriva par un après-midi de juin et Rose fut immédiatement fascinée par cet homme qui avait le double de son âge. Cet été-là, elle tenta quelques approches, mais fut repoussée avec tact.

Aujourd’hui, Rose avait vingt-deux ans et avait bien changé. La gamine était devenue une très jolie jeune femme qui ne laissait pratiquement aucun garçon indifférent. Elle avait d’ailleurs multiplié les conquêtes au cours de son année d’études. Pourtant, le beau jardinier restait encore dans sa mémoire. Il travaillait toujours pour ses parents, mais Rose ne l’avait plus revu depuis trois ans, depuis ses dernières vacances dans la maison de sa tante.

Elle arriva seule un soir de juillet. Ses parents ne la rejoindraient que cinq jours plus tard.  Après avoir pris une douche, elle entreprit de défaire ses valises, quand elle l’aperçut par la fenêtre. Il rangeait son matériel dans la petite cabane au fond du jardin. Il était toujours aussi sexy. Il portait un pantalon de toile vert foncé et un t-shirt gris.  Elle enfila une robe légère et dévala l’escalier pour aller le saluer. Quand elle arriva à sa hauteur, il se retourna et mit quelques secondes à la reconnaitre. La lueur qui passa dans ses yeux ne laissa aucun doute à la jeune femme. Ce qu’il avait devant les yeux lui plaisait. Ils échangèrent quelques mots et Rose lui proposa de rester pour dîner.

  • Je dois d’abord prendre une douche et me changer, Mademoiselle Rose.
  • Vous pourrez emprunter la salle de bain à l’étage, et il doit bien y avoir quelques vêtements de mon père pour vous dépanner.
  • Entendu, alors.

Rose décida de le séduire. Elle savait qu’elle n’avait que cinq jours devant elle pour avoir cet homme.

La jeune femme s’apprêtait dans sa chambre quand elle entendit couler l’eau de la douche, juste à côté. Elle prit le couloir et se dirigea discrètement vers la salle de bain dont la porte était restée entr’ouverte. Elle glissa doucement à l’intérieur et observa la scène avec un plaisir non dissimulé. Le spectacle de l’eau ruisselant sur le corps ferme et bronzé de l’homme qui s’offrait à ses yeux fit naître un agréable frémissement au creux de ses cuisses. Rose ne chercha même pas à s’échapper, quand il se retourna et la vit. Il saisit rapidement une serviette pour cacher son entre-jambe, mais lui sourit.

Il avait deviné qu’elle le désirait. Cela faisait longtemps que cette jeune fille lui tournait autour. Avant, elle n’était qu’une adolescente, alors que lui avait trente ans. Mais quand elle était venue le saluer dans le jardin un peu plus tôt, il l’avait trouvée très attirante dans sa robe légère. Il devait se montrer prudent, cependant. Elle était la fille de son patron. Il acceptait de dîner avec elle uniquement pour la remettre à sa place.

Le lendemain matin, le jardinier arriva tôt et Rose avait déjà échafaudé un plan. La veille, il lui avait gentiment fait comprendre qu’il la trouvait jolie, mais ne comptait pas aller plus loin avec elle, par respect pour ses parents pour lesquels il travaillaient depuis de si nombreuses années. Rose n’aimait pas être repoussée par un homme. C’était même la première fois que cela lui arrivait et elle n’allait pas en rester là. Elle enfila un bikini et descendit étaler une serviette de bain sur la pelouse. Elle s’allongea et fit mine de lire, sans quitter le jardinier des yeux. Celui-ci travaillait à l’entretien des massifs. Il ne faisait pas encore trop chaud, mais son t-shirt trempé de sueur collait déjà à son torse. Rose recommença à être aussi excitée que la veille. Cet homme la mettait dans tous ses états. Elle se tourna sur le dos et commença à se caresser. Il ne la vit pas immédiatement. Le coeur de la jeune femme battait plus vite, autant d’excitation que de crainte de sa réaction. Elle avait libéré ses seins et les massait doucement de la paume de ses mains. Le jardinier se retourna et resta un court instant figé, le regard fixé sur la jeune femme offerte à quelques mètres de lui. Il eut de la peine à y croire. Elle croisa son regard et le soutint. Il finit par s’approcher un peu, alors elle glissa lentement une main dans son bas de maillot et caressa sa vulve humide. Le temps se suspendit pendant quelques secondes encore, puis l’homme sembla se ressaisir.

  • Ne faites pas ça, Mademoiselle Rose, fit-il avant de s’éloigner.

Rose stoppa net et l’observa tandis qu’il s’éloignait. Elle savait qu’elle arriverait à ses fins.

Le lendemain, il n’arriva qu’en fin de matinée. Il avait dû passer chez un paysagiste pour y acheter du matériel, qu’il allait entreposer dans la cabane. Il espérait ne pas devoir encore repousser les avances de la jeune femme, car il ne se sentait plus la force de lui résister. La veille, quand elle s’était offerte à lui, il avait eu du mal à ne pas la prendre là, sans attendre. Après tout, c’était ce qu’elle cherchait. Mais son sens du devoir et son honnêteté avaient pris le dessus. Il s’était éloigné très vite, alors que son sexe avait commencé à lui faire mal dans son pantalon devenu trop étroit. Cette fille était vraiment bandante.

Il ouvrit la porte de la cabane et y entra pour y mettre un peu d’ordre. Soudain, il l’entendit claquer derrière lui. Il se retourna et vit Rose, debout devant lui. Elle portait un fin chemisier blanc, transparent, sous lequel elle avait évidemment laissé ses seins nus, et une jupe trop courte qui s’arrêtait à mi-cuisses. Il sentit une délicieuse décharge dans son bas-ventre.

  • Allez-vous longtemps me repousser ? demanda-t’elle en s’approchant lentement. Vous savez bien que j’en ai envie autant que vous, et nous sommes tous les deux adultes, non ?

Il ne répondit pas mais l’attira à lui.

  • Enfin ! se dit Rose dans un soupir de volupté.

Il l’embrassa et elle se laissa aller contre lui. Sa langue caressa les lèvres entr’ouvertes de la jeune femme, avant de pénétrer sa bouche pour un baiser plus profond. Le contact du corps de l’homme lui donna le vertige et elle frotta son ventre contre le sien. Ce fut comme un signal. Il la saisit aux hanches et la porta jusqu’à un petit établi. Elle enroula ses jambes autour de lui. Elle sentit ses mains défaire sa chemise et s’emparer de ses seins, puis sa bouche descendre vers son ventre. Elle ne portait aucun sous-vêtement et l’homme découvrit sans mal son sexe trempé. Il s’aventura dans sa grotte, goûta son nectar, fit monter son désir. Maintenant c’était à lui de jouer avec elle. Il la voulait suppliante, impatiente. Elle se laissa faire avec délice, mais les spasmes qui contractaient son vagin devinrent plus intenses.

  • Prends-moi ! gémit-elle.

Mais l’homme continua à torturer tendrement son petit bouton gonflé et presque douloureux, glissa lentement un doigt dans son antre chaud, qui se resserra sur lui.  Elle était presque prête. La respiration de Rose s’accéléra et elle sentit une vague  d’orgasme la submerger. Elle avait l’habitude de faire l’amour vite, avec des garçons de passage. Mais cet homme était différent. Il voulait l’amener là où elle n’était encore jamais allée. Elle gémit de plus en plus fort. Soudain, il se releva et lui chuchota à l’oreille :

  • Maintenant tu as droit à une récompense.

Il prit la main de Rose et la posa sur son pantalon, là où une bosse le déformait. Elle libéra le sexe de l’homme et le fit coulisser entre ses doigts. Elle aurait voulu le goûter, l’exciter, mais n’en pouvait plus d’attendre. Elle le dirigea vers l’entrée de son vagin et souffla :

  • Viens ! Maintenant !

Elle aurait voulu qu’il la pénètre rapidement et la fasse jouir immédiatement, mais encore une fois, il en décida autrement. Il glissa lentement en elle et elle le sentit la remplir doucement. Chaque millimètre de son intimité en fut comme électrisé. L’homme fit quelques mouvements lents, puis accéléra progressivement. Rose sentit une deuxième vague de plaisir monter en elle et s’agrippa à son amant. Il lâcha prise et donna des coups de reins plus puissants, avant de jouir en elle. Ils restèrent quelques minutes, enlacés et à bout de souffle, puis Rose rajusta ses vêtements et quitta la cabane avec un sourire aux lèvres.

Cela faisait sept ans qu’elle avait attendu ce moment. Et il leur restait encore trois jours…

 

 

Mes années un peu folles

 

Elle n’avait pas conscience de son pouvoir, même si cette ignorance ne pouvait pas lui servir d’excuse. Au fond, on est toujours responsable de ses actes et de ses choix, même si on est trop jeune pour en anticiper les conséquences.

Elle avait vingt ans et parlait avec ses amies, autour d’une table, dans un de ces bars qu’elle avait l’habitude de fréquenter. 

Entre filles, quoi qu’on en dise, on parle beaucoup des mecs et du sexe. Pas de complexes, les oreilles masculines sont absentes et on les laisse  croire qu’on ne pense jamais à ça. Le secret de la féminité et de la séduction réside en grande partie dans la faculté de laisser croire aux hommes qu’ils décident, tout en menant la danse. Et les hommes intelligents nous laissent croire qu’ils sont naïfs, alors qu’ils ont compris notre manège. Cela fait partie du jeu.

C’est à cette époque qu’elle avait réalisé que les garçons étaient faciles, à l’instar de ces filles qu’on qualifie ainsi parce qu’elles offrent bien volontiers leurs charmes pour une nuit de plaisir avec un inconnu. Les hommes, eux, ne sont jamais traités de faciles. C’est pourtant ce qu’ils sont. Enfin pas tous, mais nombreux d’entre eux.

Le jeu avec les copines s’appelait « la chasse à l’homme » et consistait à faire une conquête lors d’une soirée.

Pas trop compliqué pour une jolie fille. 

Elle n’a jamais voulu jouer à ce jeu qu’elle jugeait stupide, même si évoquer la possibilité de le faire l’amusait beaucoup. C’était comme une espèce de « Cap’ ou pas cap’ ? » entre filles.

Le défi n’était pas à la hauteur car la cible était trop aisément atteignable. Les garçons venaient les aborder, ses copines et elle, avant même qu’elles aient eu à lever le petit doigt. Pas suffisamment motivant.

De plus, elle considérait les hommes comme des êtres dotés d’émotions et non pas comme des objets qu’on avait le droit d’utiliser, même si certains d’entre eux n’auraient pas rechigné à être un objet sexuel pour une nuit. 

Elle se défendait d’être romantique et ne croyait pas au prince charmant. Une certaine expérience de la trahison humaine lui avait apporté la certitude qu’elle ne pouvait compter que sur elle-même. Elle n’attendait pas l’homme de sa vie, juste un compagnon qui ferait un morceau de route avec elle. De fait, les contes de fées, les films romantiques et les romans à l’eau de rose lui tapaient sur les nerfs, comme une vilaine imposture destinée à rendre les filles naïves et dociles.

Elle voulait s’amuser et se voyait en aventurière de l’amour. 

Comme James Bond avait une femme différente dans son lit à chacune de ses aventures, elle voulait avoir plusieurs amants et aimer plusieurs hommes.

Risquer de se brûler ne lui faisait pas peur.

Le mari et les gosses, ce serait pour plus tard…après trente ans.

L’amour

L’amour fait couler beaucoup d’encre. Il est le sujet principal des histoires qui font les romans, les chansons ou les films. Peut-être même qu’il fait l’histoire tout court.

C’est en tout cas ce qui a fait son histoire à elle. 

En parlant d’amour elle pense aux hommes d’abord, car elle leur doit en grande partie d’être celle qu’elle est devenue. Les hommes qu’elle a aimés sont autant de pièces d’un immense puzzle, dont certaines parties sont plus sombres que d’autres, mais qui l’ont amenée à se connaître. 

Bien-sûr, l’amour de nos parents nous aide à quitter sereinement l’enfance et à entrer confiant dans l’âge adulte. Mais la suite ne dépendra plus que de nous-mêmes et des personnes que l’on croise. La vie nous impose des épreuves, parfois terriblement injustes, et nous n’y pouvons rien. Cependant, ce que nous allons en faire et la façon dont nous allons affronter les choses ne tient qu’à nos propres décisions. Quand on tombe, on peut choisir de rester par terre et se lamenter, ou on peut décider de se relever.

Il y a l’amour au sens large, celui qu’on a pour ses proches, mais pas seulement. 

C’est une forme d’amour qu’il y a dans nos actes quotidiens, quand on a un métier où l’on prend soin des autres. 

C’est comme une reconnaissance pour ce que la vie nous a donné généreusement et cela commence par l’amour de soi. L’envie de partager ce don avec ceux qui ont eu moins de chance que nous le jour de la distribution des cadeaux.

Il faut s’aimer, sans être prétentieux ou narcissique. Il faut se regarder dans son miroir avec le sourire, en se disant qu’on est quelqu’un de bien, avec plein de défauts certes, mais on est une belle personne. 

Si quelque chose vient de se produire qui mettrait à mal notre estime de nous-même, il faut chercher à réparer cette erreur et trouver une solution au problème. Par dessus tout, il est indispensable de savoir se pardonner à soi-même toutes ses fautes et veiller à ne jamais en commettre qui iraient à l’encontre de nos valeurs morales, sans quoi on risquerait d’endommager gravement notre âme. Cela demande une certaine dose de courage, car défendre ses valeurs implique parfois de s’opposer à des influences extérieures ou des modes de vie imposés par la société. Mais on ne peut pas continuer à s’aimer quand on a honte de soi. C’est tout le poids de la culpabilité que portent les personnes aux caractères les plus faibles. 

L’amour est une force.

Seuls ceux qui ne s’aiment pas détestent les autres. On ne peut donner que ce que l’on a déjà au fond de soi.

Il ne faut jamais laisser quiconque vous insulter ou vous manquer de respect. Jamais. La tolérance dans ce domaine doit être de zéro et il faut l’affirmer dès la première agression, fut-elle légère. Laisser s’installer ce genre de comportement revient à consentir à se laisser maltraiter par la suite.

Aucun être humain n’a le droit d’en juger un autre de façon arbitraire et aucun être humain n’a à se sentir inférieur aux autres.

Si des personnes parfaites existaient, ça se saurait.

Extrait

Christiane raccrocha le combiné en proie à des sentiments contradictoires. La joie qu’elle avait éprouvée à l’idée de partager la bonne nouvelle du retour d’Emilie avec Ella faisait place à une inquiétude qui avait presque quelque chose de maternel.

Bien-sûr, elle voulait plus que tout croire que David avait changé, mais avait du mal à s’en convaincre. 

Récemment, elle avait appris qu’il était lui-même à l’origine de la rumeur qui avait causé le départ d’Ella de l’entreprise. Pourquoi avait-il fait une chose pareille ?

Pour se vanter auprès de ses collègues ? Pour pousser Ella à tout quitter pour le suivre dans le midi ? Ou pour une autre raison qui lui échappait ?

Christiane n’ignorait pas que David menait la vie dure à Ella avec ses sautes d’humeurs et avait eu connaissance de l’affaire Sabrina.

Contrairement à ce qu’Ella lui avait assuré, elle avait du mal à croire qu’il ne s’était rien passé de plus entre David et cette jeune fille.

Christiane s’en voulait d’avoir encouragé Ella à sortir avec lui. Si elle avait su quel genre d’homme il était, elle l’en aurait dissuadée. Mais elle-même avait été envoutée par le charme du jeune homme et lui aurait donné le bon Dieu sans confession.

Maintenant, il était trop tard pour mettre Ella en garde. Christiane ne pouvait plus faire marche arrière, et elle avait trop peur de se tromper une nouvelle fois.

Elle avait hésité à dire à Ella ce qu’elle savait au sujet de la rumeur, craignant de la déstabiliser par cette nouvelle révélation. À quoi bon remuer ces vieilles histoires ? Si David voulait vraiment se rattraper, elle ne pouvait pas jeter un nouveau pavé dans la mare.

Jeux de séduction

Ella observa David dans la semi-obscurité, alors que les reflets lumineux de la boule à facette dansaient autour d’eux. Accoudé à la table, il tenait son verre en balayant la salle du regard. Elle remarqua que ses doigts étaient longs et fins et ses ongles bien coupés. Des mains faites pour donner du plaisir à une femme.

Elle se mordit la lèvre inférieure à cette pensée, au moment même où David tourna ses yeux vers elle.

  • Tu es belle quand tu fais ça ! souffla-t’il. Ça te donne un air terriblement coquin !

Ella sentit un frémissement entre ses cuisses et serra les jambes, gênée. Se peut-il qu’un homme puisse vous mettre dans un tel état ?

Elle ne répondit pas, mais soutint son regard. Quelques secondes passèrent. Soudain, une idée spontanée traversa l’esprit de la jeune femme.

  • Je veux danser !
  • Quoi ? Sur cet air-là ? 

La chanson qui passait avait un rythme à la fois lent et sensuel. Le choix d’Ella était délibéré. Elle avait envie de séduire David, elle voulait qu’il ressente le même désir brûlant qu’elle ressentait quand il posait ses yeux sur elle.

  • Si tu ne viens pas, j’y vais seule ! 

Et elle se lança sur la piste. David ne la quitta pas du regard, alors elle se mit à onduler doucement au son de la musique.

Rien ne l’arrêterait, elle le savait. Quelles qu’en soient les conséquences, elle décida d’aller au bout de ce jeu qu’avait instauré David. Car il ne faisait aucun doute qu’il jouait au jeu de la séduction et Ella décida qu’il était temps de lui rendre la pareille. 

Elle bougea les hanches avec un sourire provoquant, sans quitter son compagnon des yeux.

L’attitude de David changea à cet instant. Le regard caressant se fit plus insistant et son sourire prit un air presque carnassier. Ella en frissonna et songea :

– Je danse pour toi, pour que tu me désires.

Elle ferma les yeux. Le rythme la portait et les secondes devinrent des minutes.

Soudain, elle sentit des mains se poser sur ses hanches et un corps se coller contre le sien. 

Ella rouvrit les yeux et vit le visage de David tout près du sien, si près qu’elle sentit son souffle chaud effleurer ses lèvres.

  • Je devrais te botter les fesses pour ton comportement, tu sais ça ?
  • Humm ! Ah oui ?
  • Oui. Tu me provoques.
  • Ah bon ? fit Ella d’un air faussement ingénu.
  • Ne fais pas l’innocente, répondit David sur un ton qui se voulait sévère. Tu sais qu’en dansant comme ça, tu vas me rendre fou.
  • Ah oui ? répéta Ella, amusée.

Elle sourit en rapprochant son bassin de celui de David, frottant son ventre contre le sien. Elle avait conscience de l’effet que ça allait avoir sur lui.

  • Tu continues ! lâcha-t’il. Tant pis pour toi !

Et il plaqua ses lèvres sur celles d’Ella.

  • Enfin ! pensa la jeune femme.